C’est grâce à une grande économie de moyens, maniant le parler graveleux des gars de shop, une langue directe et sans fioritures, que Rémi-Julien Savard nous amène à porter un regard plus attentif sur le monde qui nous entoure et sur ces êtres anonymes qui croisent notre chemin au quotidien. Il parvient à rendre avec acuité et tendresse la beauté des moments ordinaires, à mettre au jour les petits drames qui cachent parfois de grands bouleversements. Dans ce recueil qui sent l’hiver, nous voyons se dérouler devant nos yeux les malaises les plus suffocants, les tensions les plus vives, nous marchons sur une corde raide et, arrivés de l’autre côté, nous soufflons un peu.