Les pensées envahissantes d’Alice prennent de l’expansion, se métamorphosent. La nuit surtout elles s’attardent comme de grosses mouches sur les surfaces que la culpabilité rend collantes. Alice est étrillée par des sentiments troubles qui l’empêchent de trouver le sommeil.
Coupable. Oui. Elle le ressent au creux de sa chair. Mais de quoi ? Elle soupçonne parfois un déséquilibre hormonal.
Elle a vérifié tout à l’heure, ses patchs d’œstrogènes sont encore bien en place.
De toute manière, tout pourra s’arranger, au fond elle est sûre de cela. À l’université, Bernardo, son étudiant en thèse qui travaille sur Louise Bourgeois, n’a rien contre elle. Alice doit chasser avec plus de vigueur le brouillard qui se développe autour d’elle, surtout elle doit faire la sourde oreille aux voix qui la somment de revenir.
Elle ne reviendra pas en arrière.