Le cinéma traverse la vie de Marie-Claude Loiselle comme le vent porte la poésie visuelle de Tarkovski. Dans une sorte d’insomnie, des films revivent sur l’écran noir de notre époque de catastrophes grâce à une présence sans identité fixe, féminine, masculine ou enfantine, qui n’est pas étrangère à celle de l’Orlando de Virginia Woolf. Se repassent ainsi en mémoire des scènes, des images ou des voix de toutes ces projections qui hantent la pensée. L’onirisme des poèmes cinématographiques ici déployé rejoue ces moments intenses de rêve et d’image, comme on repasse des films aimés dans une programmation offerte à tous les regards qui ouvriront ces pages en fermant les yeux.